LE PARC EOLIEN
Celui qui n’est pas venu dans notre village depuis plus d’un an pourra constater un changement de paysage… S’il se dirige vers Machault ou vers Semide, il verra que d’énormes engins blancs sont sortis de terre !
Il s’agit du parc éolien de Leffincourt : 16 éoliennes réparties sur les communes de Bourcq, Contreuve, Leffincourt, Machault et Semide, dont les dernières viennent jouxter le territoire de Saint-Etienne.
Historique du projet
Le projet, mené par la Société Française d’Eoliennes, ne date pas d’hier. Tout a commencé en 2003 : les conseils municipaux des 5 communes concernées délibèrent puis se déclarent favorables au projet.
Des études doivent alors être menées pour finaliser le projet : il faut analyser le potentiel éolien des différentes zones, tenir compte de la proximité avec les habitations, du respect du paysage, des contraintes environnementales (respect de la faune et de la flore) mais aussi patrimoniales (un diagnostic archéologique a été effectué) ; enfin, le parc doit respecter la réglementation acoustique et ne pas créer d’obstacles pour des infrastructures et des équipements existants (plafonds aériens, radars météo et aviation, etc.).
Le projet connaît donc quelques modifications (on passe de 18 éoliennes initialement prévues à 16 au final, 2 éoliennes pouvant poser des problèmes pour les couloirs migratoires). Le 6 février 2008 les permis de construire sont accordés pour les 16 éoliennes (ainsi que pour les 3 postes de livraison).
Les travaux
C’est en février 2010 que les travaux commencent. Des entreprises aménagent les chemins d’accès et de desserte : il faut à la fois les élargir (ils doivent mesurer 6 mètres de large, dont 4,50 mètres de bande de roulement) et les stabiliser par empierrement pour la circulation des grues et des convois. Parallèlement, on procède à l’enfouissement des câbles qui achemineront l’électricité depuis les éoliennes jusqu’au réseau de distribution.
Du côté du futur site des éoliennes, on en est aux fondations : étape cruciale, quand on sait qu’elles vont être à la base d’engins de 123 mètres de haut et de plus de 300 tonnes… On creuse pour chaque éolienne un trou de 20 mètres de diamètre sur 4 de profondeur. Le sol est recouvert d’une couche de « béton de propreté », puis on met en place un impressionnant ferraillage (40 tonnes en moyenne par machine), puis la virole : cette pièce, qui pèse environ 10 tonnes et mesure 3 mètres de haut, servira à cheviller l’éolienne à ses fondations. On coule ensuite environ 320 m² de béton pour fixer l’ensemble : la virole ne dépasse plus que de 50 centimètres. Il faut environ un mois de séchage avant de passer au montage.
A partir du mois de juin, on voit arriver les futures éoliennes, acheminées depuis l’Espagne par voie maritime puis par convois exceptionnels. Elles arrivent en morceaux : les mâts en quatre tronçons, les moyeux sur lesquels seront fixées les pales, les nacelles, enfin les pales. Dans l’attente d’être assemblé, le tout est stocké à proximité des zones de montage.
Dernière étape, du mois de juin au mois d’octobre : l’assemblage. Pour celui-ci, une grue de forte capacité est employée pour hisser les différentes parties ; pour des raisons de sécurité, elle ne peut fonctionner qu’en cas de vent inférieur à 35 km/h. Les quatre tronçons du mât sont d’abord montés et assemblés, puis on fixe en haut du mât la nacelle et le rotor constitué du moyeu, enfin chacune des trois pales.
A partir de mi-octobre, on commence à voir tourner les éoliennes : elles sont progressivement mises en service pour une phase d’essais, puis pour l’exploitation industrielle.
Les caractéristiques
Le parc éolien de Leffincourt, premier parc éolien de la Communauté de Communes de l’Argonne Ardennaise, compte 16 éoliennes.
Chacune d’entre elles mesure 123 mètres de haut, pèse plus de 300 tonnes et est constituée :
- du mât, en acier : il mesure 78 mètres et pèse 203 tonnes à lui tout seul ;
- de la nacelle (70 tonnes) et du rotor en fonte (18,6 tonnes), fixés sur le mât ;
- des trois pales, en matériau composite (fibre de carbone et fibre de verre) ; chacune mesure 44 mètres et pèse 5,8 tonnes.
Le fonctionnement est simple : le vent qui souffle vient exercer une pression sur les pales, qui font tourner le rotor. Celui-ci entraîne la génératrice qui transforme l’énergie mécanique du vent en électricité. Les pales s’arrêtent lorsque le vent souffle à moins de 10 km/h.
A l’inverse, lorsque le vent souffle trop, à plus de 75 km/h, les pales se mettent en drapeau, c’est-à-dire qu’elles s’inclinent sur leur axe pour réduire la prise au vent et l’éolienne s’arrête par mesure de sécurité. Une éolienne produit de l’électricité en moyenne pendant 80 à 90 % du temps.
La puissance totale du parc éolien est de 32 MW. Cette capacité est l’équivalent de l’approvisionnement en électricité (chauffage compris) de 32 000 personnes.
La durée de vie d’une éolienne de ce type est d’environ 20 ou 30 ans… Alors nous n’avons pas fini de les voir tourner, au gré du vent !